Portrait éditorial de Vincent Roussel, agronome spécialisé en agricultures paysannes

Agriculture paysanne en Europe : entretien avec Vincent Roussel, agronome

Avril 2026, ferme de la Brie. À une heure à peine du périphérique parisien, Vincent Roussel reçoit la rédaction des RNDA dans la cuisine d'une ferme paysanne où il accompagne depuis dix ans un éleveur de brebis laitières. La conversation glisse rapidement vers le cœur du sujet : qu'est-ce que l'agriculture paysanne en Europe en 2026, alors que la PAC se cherche un nouveau souffle, que le climat dérègle les calendriers culturaux et qu'une génération entière de paysans s'apprête à transmettre — ou pas — son outil de travail ?

Portrait éditorial de Vincent Roussel, agronome

Vincent Roussel

Agronome, spécialiste des agricultures paysannes

Vincent Roussel exerce comme agronome conseil en Île-de-France depuis 25 ans, principalement auprès de réseaux paysans français et européens. Il accompagne des fermes de taille humaine dans leur transition agroécologique et la conservation des savoir-faire traditionnels.

Portrait éditorial — personnage éditorial. Cet entretien est une synthèse des échanges menés par la rédaction des RNDA avec des agronomes du réseau.

L'agriculture paysanne a longtemps été reléguée par les politiques publiques au rang de folklore, voire de musée vivant. Pourtant, depuis la pandémie de 2020 et plus encore depuis la guerre en Ukraine et la flambée des prix de l'énergie, son modèle économe, résilient et ancré dans les territoires retrouve une pertinence stratégique nouvelle. La Commission européenne elle-même reconnaît désormais que les petites fermes représentent une part essentielle du tissu agricole européen — sans pour autant adapter ses outils.

Vincent Roussel s'installe à la table de la cuisine, un cahier rempli de notes manuscrites à portée de main. Sur l'appui de fenêtre, deux échantillons de sol prélevés la veille. La conversation commence simplement, comme on entre dans un champ : par les bords.

Qu'est-ce que l'agriculture paysanne, concrètement, en 2026 ?

Camille Verhoeven :

Vincent, on entend ce terme partout, des Salons de l'Agriculture aux discours politiques en passant par les rayons des supermarchés. Mais concrètement, qu'est-ce qui définit une ferme paysanne en 2026 ? Y a-t-il un seuil, une charte, des critères mesurables ?

Vincent Roussel :

L'agriculture paysanne n'est pas un label, c'est une vision. Elle repose sur six piliers que la Confédération paysanne a formalisés dès les années 1990 : autonomie, transmissibilité, qualité des produits, travail avec la nature, répartition des volumes de production et développement local. Concrètement, ça se traduit par une ferme à taille humaine — souvent en dessous de 80 hectares en grandes cultures, beaucoup moins en maraîchage ou en élevage — où le paysan reste maître de ses choix techniques et économiques.

Ce qui distingue vraiment l'agriculture paysanne d'une simple petite exploitation, c'est le projet politique qui la sous-tend. Une ferme paysanne ne cherche pas à maximiser le rendement à tout prix : elle cherche à produire bien, à vivre dignement, à transmettre, à participer à la vie du village. C'est un modèle qui assume une certaine sobriété et qui refuse la fuite en avant productiviste. En 2026, ce n'est plus une posture marginale — c'est une réponse cohérente aux crises climatique, énergétique et sociale.

Où passe la frontière avec l'agro-industrie ?

Camille Verhoeven :

Vous parlez de taille humaine, mais une ferme céréalière de 200 hectares en Beauce reste petite à côté des 5 000 hectares d'un latifundium roumain. Où placez-vous la frontière entre paysannerie et agro-industrie ?

Vincent Roussel :

La taille n'est qu'un indicateur parmi d'autres. La vraie frontière passe par l'autonomie de décision et la part du travail vivant dans la ferme. Une exploitation devient agro-industrielle quand le paysan n'est plus qu'un exécutant : ses semences sont contractuelles, son alimentation animale vient d'un industriel, sa stratégie commerciale est dictée par une coopérative géante, ses pratiques culturales par un cahier des charges descendant. À ce moment-là, peu importe qu'il soit propriétaire de 30 ou de 300 hectares — il a perdu la main.

En Europe, on considère habituellement que la petite ferme se situe sous le seuil de 20 hectares. Eurostat recense près de 9 millions d'exploitations dans l'UE, dont environ 65% font moins de 5 hectares. Ce sont elles qui maintiennent les terroirs, les paysages, les savoir-faire. Une ferme de 80 hectares en grandes cultures peut tout à fait être paysanne si elle est diversifiée, autonome en intrants et insérée dans un réseau de circuits courts ou de coopération paysanne. À l'inverse, une ferme bio de 30 hectares qui livre exclusivement à un grossiste industriel a déjà fait un choix qui l'éloigne du modèle paysan.

Quels pays européens conservent le plus de fermes paysannes ?

Camille Verhoeven :

Quand on regarde la carte de l'Europe agricole, où se concentrent encore aujourd'hui les fermes paysannes ? Y a-t-il une géographie claire de cette résistance au modèle dominant ?

Vincent Roussel :

La géographie est très contrastée. La Pologne et la Roumanie sont, et de loin, les pays qui ont conservé le plus dense réseau de petites fermes paysannes : environ 1,3 million d'exploitations en Pologne et 2,9 millions en Roumanie, dont une majorité fait moins de cinq hectares. C'est l'héritage d'une décollectivisation différente de celle qu'ont connue les anciennes RDA ou Tchécoslovaquie, où la concentration foncière a été beaucoup plus brutale après 1990. Les paysages de Transylvanie ou de Petite Pologne, avec leurs lanières cultivées à la main, sont les derniers vrais paysages paysans d'Europe.

En Europe occidentale, la France, l'Italie, le Portugal et la Grèce conservent un tissu paysan significatif, particulièrement dans les zones de moyenne montagne — Massif central, Apennins, Pyrénées, Crète — et dans les régions méditerranéennes où l'oléiculture et la viticulture ne se prêtent pas à l'industrialisation extrême. À l'opposé, les Pays-Bas, le Danemark et le Royaume-Uni ont quasiment éradiqué leur paysannerie au profit d'un modèle agro-industriel intensif. Pour qui veut comprendre cette diversité, je recommande de faire l'expérience du terrain : les voyages ruraux en Europe de l'Est permettent de mesurer concrètement à quoi ressemble encore aujourd'hui une campagne paysanne vivante.

Le rôle des coopératives, AMAP et circuits courts

Camille Verhoeven :

L'autonomie paysanne, ça a l'air joli sur le papier, mais sans débouchés commerciaux solides, une ferme ne tient pas. Quel rôle jouent les coopératives, les AMAP et les circuits courts dans la viabilité du modèle ?

Vincent Roussel :

Vous mettez le doigt sur l'enjeu central. L'agriculture paysanne ne survit que si elle parvient à se reconnecter au consommateur, soit directement, soit via des intermédiaires choisis. Les coopératives agricoles européennes jouent ici un rôle ambivalent. Les grandes coopératives céréalières françaises ou allemandes fonctionnent souvent comme des opérateurs industriels, déconnectés du projet paysan. Mais à côté, on trouve un tissu vivace de petites coopératives de transformation — laiteries fermières, abattoirs paysans, ateliers de transformation collectifs — qui sont, elles, des outils d'émancipation paysanne.

Les AMAP, en France, regroupent aujourd'hui plus de 200 000 familles autour de 2 000 fermes. Le modèle s'est diffusé partout en Europe sous des noms différents : GASAP en Belgique, GAS en Italie, CSA aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. C'est un système qui sécurise le revenu paysan en amont de la saison, par un engagement contractuel du consommateur. Au-delà des AMAP, les marchés de producteurs, la vente à la ferme et les magasins paysans collectifs représentent aujourd'hui environ 25% des débouchés commerciaux des fermes paysannes françaises. Sans cette reconquête du marché par les paysans eux-mêmes, le modèle serait économiquement intenable.

L'agronome en discussion avec un agriculteur sur une ferme paysanne
Vincent Roussel, sur une ferme paysanne d'Île-de-France, en avril 2026.

La PAC 2023-2027 : une réponse adaptée à l'agriculture paysanne ?

Camille Verhoeven :

Soyons directs : la Politique agricole commune actuelle prend-elle vraiment au sérieux l'agriculture paysanne, ou continue-t-elle à favoriser les grandes structures comme on l'entend dénoncer depuis trente ans ?

Vincent Roussel :

Soyons honnêtes, la réponse est mitigée et plutôt décevante. La PAC 2023-2027 a introduit deux outils potentiellement intéressants pour la paysannerie : les écorégimes, qui rémunèrent des pratiques favorables au climat et à la biodiversité, et le paiement redistributif aux premiers hectares, censé corriger l'inégalité historique du soutien. Sur le papier, c'est un progrès. Dans les faits, les chiffres restent têtus : environ 80% des aides PAC continuent de bénéficier aux 20% des plus grandes exploitations européennes.

Plusieurs raisons à cela. D'abord, les écorégimes les plus exigeants sont mal calibrés pour les petites fermes diversifiées qui pratiquent déjà l'agroécologie sans avoir les moyens administratifs de cocher toutes les cases. Ensuite, le paiement redistributif reste plafonné à des niveaux trop modestes pour rééquilibrer réellement le système. Enfin, l'accompagnement technique a été massivement transféré aux Régions, avec des budgets en baisse, ce qui pénalise spécifiquement les paysans isolés. Une vraie réforme structurelle est attendue pour la PAC post-2027 ; les négociations s'annoncent rudes, notamment sous la pression des lobbies de l'agro-industrie.

La transmission des fermes : un défi existentiel

Camille Verhoeven :

Un sujet qui revient sans cesse dans les conversations rurales : la transmission. Près de la moitié des agriculteurs français ont plus de 55 ans. Comment l'agriculture paysanne s'organise-t-elle pour passer le relais à la prochaine génération ?

Vincent Roussel :

C'est probablement le défi numéro un de la prochaine décennie. En France, environ 200 000 départs en retraite sont attendus d'ici 2030, alors qu'on installe à peine 14 000 nouveaux paysans par an. La bonne nouvelle, c'est que la part des candidats non issus du milieu agricole — les fameux NIMA — a explosé : ils représentent désormais plus de 30% des installations, contre moins de 15% il y a dix ans. Une vraie reconquête générationnelle est en cours, portée par des jeunes urbains, souvent diplômés, qui cherchent du sens dans le travail de la terre.

Le problème, c'est que ces installations se heurtent à trois murs : l'accès au foncier, qui reste capté par l'agrandissement des fermes existantes ; l'accès au capital, car même une petite ferme représente facilement 200 000 à 500 000 euros d'investissement ; et la viabilité économique, car les nouveaux installés portent souvent des projets diversifiés qui mettent du temps à dégager un revenu stable. Des structures comme Terre de Liens, qui a déjà acquis plus de 350 fermes pour les louer à des paysans, ou les ADEAR, qui accompagnent les projets ruraux, jouent ici un rôle absolument vital. Sans elles, le renouvellement paysan serait simplement impossible.

Agriculture paysanne face au changement climatique

Camille Verhoeven :

L'année 2025 a été marquée par une nouvelle vague de sécheresses estivales et d'épisodes pluvieux extrêmes. L'agriculture paysanne est-elle plus armée que l'agro-industrie pour affronter le dérèglement climatique, ou est-ce un mythe que l'on entretient pour se rassurer ?

Vincent Roussel :

Ce n'est pas un mythe, mais ce n'est pas non plus une garantie absolue. Plusieurs études convergent désormais — INRAE, JRC européen, IDDRI — pour montrer que les fermes diversifiées et économes en intrants traversent mieux les épisodes climatiques extrêmes que les exploitations monoculturales hyperspécialisées. La diversité des productions, des variétés, des dates de semis et des assolements crée une résilience structurelle. Quand le blé prend la rouille parce que mai a été trop humide, le sarrasin, le tournesol ou le maraîchage assurent la trésorerie.

Les pratiques agroécologiques — couverts végétaux, agroforesterie, sols vivants, haies — augmentent la capacité de rétention en eau des sols et tamponnent les variations climatiques. Cela dit, soyons lucides : un paysan installé en zone très exposée — Sud-Est français, plaines hongroises, Andalousie — fait face à des situations objectivement intenables, quel que soit son modèle. La question est de savoir si l'agriculture des grands espaces continentaux, qu'elle soit russe, ukrainienne ou nord-américaine, parviendra à se reconvertir aussi vite que la paysannerie européenne. À court terme, le modèle paysan a une longueur d'avance ; à long terme, c'est une question collective.

Bureau de l'agronome avec livres et échantillons de sol
Le bureau de l'agronome — synthèse de 25 ans de terrain.

Rencontres rurales et réseaux paysans : la force du collectif

Camille Verhoeven :

On parle souvent du paysan comme d'une figure solitaire. Pourtant, l'agriculture paysanne semble extrêmement structurée en réseaux. Quel rôle jouent ces rencontres rurales et ces collectifs dans la vitalité du modèle ?

Vincent Roussel :

L'image du paysan solitaire est l'une des grandes mythologies que nous a léguées le XXe siècle, et elle est largement fausse. L'agriculture paysanne européenne s'est toujours structurée en réseaux denses : InPACT, qui fédère en France une dizaine de réseaux d'accompagnement à l'installation et à la transition agroécologique ; la Confédération paysanne, syndicat de référence du modèle paysan ; Via Campesina, qui porte la parole des paysans à l'échelle internationale et a fait reconnaître la souveraineté alimentaire dans les textes onusiens.

Au-delà de ces structures formelles, ce qui fait vivre le modèle, ce sont les rencontres concrètes : tours de plaine entre paysans, stages d'observation à la ferme, ateliers d'auto-construction de matériel via l'Atelier Paysan, fêtes des semences paysannes, foires agroécologiques. C'est exactement la vocation des Rencontres Nationales des Agricultures : créer ces moments de croisement entre paysans, citoyens, élus, chercheurs. Aucun modèle agricole ne peut tenir s'il est privé de ses lieux de rencontre. Les rencontres rurales, ce ne sont pas un supplément d'âme — c'est l'infrastructure invisible mais décisive de la paysannerie européenne.

Questions rapides : les idées reçues sur l'agriculture paysanne

Trois minutes, six idées reçues. Vincent Roussel tranche.

Faux "L'agriculture paysanne, ce n'est que du folklore"

C'est l'argument paresseux qu'on m'oppose depuis vingt-cinq ans. Les fermes paysannes nourrissent réellement des millions d'Européens et représentent une part majoritaire des exploitations agricoles de l'UE. Le folklore, c'est plutôt l'image d'Épinal du paysan rétrograde — la réalité, ce sont des chefs d'entreprise diversifiés, formés et connectés.

Faux "Une ferme paysanne ne peut pas nourrir une famille"

Statistiquement faux. Le revenu médian d'une ferme paysanne diversifiée en circuits courts en France se situe entre 1 800 et 2 500 euros par mois et par actif. Ce n'est pas mirobolant, mais c'est comparable au revenu agricole moyen, voire supérieur dans certaines productions comme le maraîchage bio en AMAP.

Vrai "L'agriculture paysanne est plus résiliente face au climat"

Les études INRAE et JRC européen sont convergentes : la diversité des productions, l'autonomie en intrants et les pratiques agroécologiques augmentent significativement la résilience des fermes face aux aléas climatiques. La monoculture est, à l'inverse, structurellement vulnérable.

Faux "L'agriculture paysanne refuse toute mécanisation"

Les paysans utilisent des tracteurs, des outils modernes, parfois même des drones et des capteurs. Ce qu'ils refusent, c'est la sur-mécanisation qui endette à vie et qui standardise les pratiques. L'Atelier Paysan développe d'ailleurs un mouvement d'auto-construction de matériel agricole adapté aux petites fermes — tout l'inverse d'un retour à la bêche.

Vrai "La PAC privilégie encore les grandes exploitations"

Les chiffres officiels de la Cour des comptes européenne sont sans appel : environ 80% des aides bénéficient à 20% des exploitations. Malgré les inflexions des dernières réformes, le système reste massivement orienté vers la concentration foncière et la spécialisation, au détriment de la paysannerie.

Vrai "Les rencontres rurales sont essentielles à la transmission"

Sans lieux de rencontre — fêtes paysannes, tours de plaine, foires agroécologiques, formations collectives — les savoir-faire ne se transmettent plus. La paysannerie est par nature un savoir incarné, qui circule en marchant, en observant, en discutant. Tuer ces espaces, c'est tuer le modèle à la racine.

Conclusion : les 3 choses à retenir

Vincent Roussel — En conclusion :

1. L'agriculture paysanne est un modèle économique sérieux, pas un folklore. Elle représente la majorité des exploitations européennes, nourrit concrètement des millions de personnes et démontre une viabilité supérieure à ce que veulent admettre les promoteurs de l'agro-industrie. Elle mérite une politique publique qui la prenne au sérieux.

2. La transmission est l'urgence absolue de la décennie. Avec 200 000 départs en retraite attendus en France d'ici 2030, et une vague croissante de candidats non issus du milieu agricole, l'enjeu est de débloquer le foncier, le capital et l'accompagnement. Sans cela, le modèle s'éteint mathématiquement.

3. Le collectif est le carburant du modèle paysan. Aucune ferme ne tient seule. Les coopératives de transformation, les AMAP, les réseaux InPACT, Terre de Liens, la Confédération paysanne, et les rencontres rurales comme les RNDA constituent l'infrastructure vitale qui permet aux paysans d'exister face à un système économique qui, structurellement, leur est défavorable.

Questions Fréquentes

Quelle est la définition de l'agriculture paysanne en Europe ?

L'agriculture paysanne désigne un modèle agricole fondé sur des fermes de taille humaine, autonomes, économes en intrants, ancrées dans un territoire et tournées vers la qualité, la diversité des productions et le lien avec les consommateurs. En Europe, elle s'oppose au modèle agro-industriel par son refus de la spécialisation extrême et son attachement aux savoir-faire transmis. La Confédération paysanne et Via Campesina en sont les principaux porte-voix.

Quels pays européens ont le plus d'agriculture paysanne ?

La Pologne et la Roumanie concentrent la plus grande part de petites fermes paysannes en Europe : environ 65% des exploitations y font moins de 5 hectares. La France, l'Italie, le Portugal et la Grèce conservent également un tissu paysan significatif, notamment dans les zones de moyenne montagne et les régions méditerranéennes. À l'opposé, les Pays-Bas, le Danemark et le Royaume-Uni ont massivement industrialisé leur agriculture.

Comment la PAC soutient-elle l'agriculture paysanne en 2026 ?

La PAC 2023-2027 a introduit les écorégimes et un paiement redistributif aux premiers hectares qui bénéficient théoriquement aux petites fermes. Dans les faits, environ 80% des aides PAC continuent de soutenir les 20% des plus grandes exploitations européennes. Les paysans peinent à mobiliser les écorégimes les plus exigeants par manque d'accompagnement technique. Une réforme plus structurelle est attendue pour la PAC post-2027.

Comment devenir agriculteur paysan en France ?

Pour s'installer en agriculture paysanne en France, le parcours classique passe par le Point Accueil Installation (PAI), un BPREA ou un diplôme agricole, et la Dotation Jeune Agriculteur. Les candidats non issus du milieu agricole, dits NIMA, représentent désormais plus de 30% des installations. Des structures comme InPACT, Terre de Liens ou les ADEAR accompagnent spécifiquement les projets paysans, agroécologiques et en circuits courts.

Quelle différence entre agriculture paysanne, biologique et agroécologique ?

L'agriculture biologique est un cahier des charges réglementaire (label AB) qui interdit pesticides de synthèse et OGM. L'agroécologie est une démarche scientifique et technique qui s'appuie sur les écosystèmes pour produire. L'agriculture paysanne est une vision politique et économique : fermes à taille humaine, autonomie, lien social et territorial. Une ferme peut être paysanne sans être bio, et inversement, mais les trois approches se recoupent souvent dans la pratique.

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